Lahhel

Quand on se fait tatouer un aucisson sur le mollet, en général… ça ne règle pas la dépression du mois dernier.

C’est le genre de phrase que je me dis parfois en regardant les réseaux sociaux. Et parfois, j’ai l’impression qu’on est devenus de gros parasites numériques. Je m’explique.

Un tatoueur qui se plaint des réseaux sociaux… sur les réseaux sociaux, c’est d’une originalité folle. Je sais. Vous ne m’avez pas demandé mon avis, mais à un moment donné, il faut bien en parler.

Les réseaux sociaux ont toujours existé (oui, même au 16e siècle)

On pense que c’est nouveau, mais non. Léonard de Vinci avait Ludovic Sforza à Milan. Molière avait Louis XIV.
Ce qu’on appelle aujourd’hui “réseaux sociaux”, c’était autrefois des mécènes, des cercles, des salons.

Appartenir à un réseau, c’est fondamental : plus de visibilité, plus de clients, plus de projets différents… et donc, plus de challenge artistique.
Donc oui : les réseaux sociaux peuvent nous améliorer en tant qu’artistes.

Quand j’ai commencé à tatouer, c’était en studio privé. On passait du temps à éduquer le regard du client, à l’orienter vers des idées plus esthétiques.

Aujourd’hui, c’est différent. Grâce aux réseaux, la communication est ultra ciblée. Les gens viennent te voir parce qu’ils savent déjà ce que tu fais. C’est un gain de temps énorme, c’est vrai.

Personnellement, j’essaie de gérer mes réseaux sans affect. Tous les jours, à 17h30, c’est le moment où je poste.
Ça ne veut pas dire que je le fais à chaque fois, mais c’est devenu une routine, comme faire ma compta ou nettoyer mon matos.
Ça me prend une heure par jour, que je consacre à montrer ce que je fais, par respect pour les clients qui me suivent et pour ceux qui m’ont fait confiance.

Un rappel simple : derrière chaque écran, il y a un vrai client

Beaucoup de tatoueurs l’oublient. Ils postent pour impressionner d’autres tatoueurs. Pour éviter les critiques. Pour “exister” dans une bulle.

Mais la vérité, c’est que vous ne dessinez pas pour d’autres artistes.
Vous dessinez pour des gens qui veulent porter votre travail.
C’est eux, votre public. C’est pour eux que vous créez.

Et franchement, ceux qui passent leur temps à critiquer ce que font les autres… sont rarement ceux qui bossent avec bienveillance.

Je vois de plus en plus de tatoueurs qui pleurent sur les réseaux, et je comprends. Se plaindre des réseaux sociaux… fait parfois plus de likes que poster un projet.

Pourquoi pas ? C’est une stratégie comme une autre.
Mais rappelons quand même un truc : ces outils sont gratuits. Et ça, c’est dingue.

On peut toucher des milliers de personnes sans payer. Ça ne veut pas dire que ça ne nous coûte rien mentalement — mais c’est un outil, pas une fin en soi.

Ne mettez pas d’affect dans vos statistiques.
Mettez de l’affect dans votre art. Et c’est déjà énorme.

Si c’est trop, partez. Vraiment.

Il y a des vidéos “drama” faites juste pour buzzer. Mais je suis aussi persuadé que certains tatoueurs sont sincèrement au bout du rouleau à cause de cette pression numérique constante.

Et si c’est votre cas : déconnectez-vous. Prenez soin de vous.

Je connais des artistes qui se sont éloignés des réseaux, et franchement : c’est sain. Si vous n’arrivez pas à faire la part des choses, ne laissez pas ça vous détruire.

C’est aussi ça qui est dingue car on a un vrai paradoxe créatif : malgré tout, le niveau n’a jamais été aussi haut. Le tatouage n’a jamais été aussi créatif, aussi inventif. La concurrence pousse vers le haut.

Mais cette pression ne doit pas vous bouffer.
Créez pour vous. Pour vos clients. Pas pour l’algorithme.

Et voilà. C’était juste mon opinion que personne n’a demandée.
Mais si ça vous parle (ou pas), le débat est ouvert.

Prenez soin de vous. Et continuez à créer, dans le vrai.

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